boutique-art-africain.jpgL'ART AFRICAIN - HISTOIRE ET APPRENTISSAGE

Un peu d’histoire

Du 15ème au 19ème siècle, période d’implantations côtières de comptoirs de commerce, liée à la traite des esclaves, puis fin 19ème intensification de la colonisation intérieure du continent africain pour y trouver les matières premières nécessaires à la Révolution Industrielle et à la croissance démographique du continent européen. On aboutit alors au « partage du gâteau »...entre les puissances occidentales au Congrès de Berlin en 1885.

Ainsi, fin 19ème, les objets rapportés par les conquérants n’ont qu’un intérêt scientifique à vocation encyclopédique et pédagogique sur les empires coloniaux, on les retrouve principalement dans les musées.

Puis début 20ème, des intellectuels et artistes remarquent l’intérêt esthétique et artistique de ces objets « exotiques ».
Paul Guillaume, collectionneur et marchand d’art, ami du poète Apollinaire ouvre la 1ère galerie où l’on présente de l’Art Africain qu’il achète aux administrateurs coloniaux, militaires et missionnaires.
Parallèlement, naissance du mouvement cubiste, porté par Picasso et Braque qui sont amateurs d’Art Africain, cela devient pour eux une source d’inspiration artistique.

Dans les années 1930, des missions scientifiques se montent. Celle de Marcel Griaule au pays Dogon, a pour but, cette fois de récolter des objets et informations de « cultures différentes » pour une reconstitution ethnographique de ces sociétés.
Entre les 2 guerres, collectionner des objets d’Art Africain devient à la mode.
Après les indépendances, des marchands, peu scrupuleux, allèrent sur place en Afrique, «s’approvisionner» puis dans les années 1980, un début de législation a vu le jour pour protéger ces objets culturels et tenter de limiter leur disparition du continent africain.

C’est pourquoi aujourd’hui, les pièces rares, les chefs d’œuvre de l’Art Africain sont pour la plupart dans des collections privées ou des musées.
Comment définit-on un chef d’œuvre dans l’Art Africain, comment doit-on appréhender un objet d’Art Africain ?

Quelques clés pour comprendre l’Art Africain :

Malgré la puissance esthétique que l’on peut ressentir devant un masque africain, l’objet même se définit par le rôle rituel qu’on lui a attribué et pour lequel il a été sculpté.
Les objets d’Art Africain ont été rarement conçus comme des objets décoratifs même si la volonté d’allier l’utile au beau est indéniable.
Ils avaient toujours une signification spirituelle, sociale ou politique afin de préserver l’équilibre et le bon fonctionnement de la société.
Ces œuvres d’art traditionnel étaient liées à des pratiques et savoirs spécifiques d’une extrême variété étant donné la diversité des ethnies du vaste continent africain.
Ces objets avaient des fonctions multiples : ils étaient utilisés dans des rites initiatiques (passage à l’âge adulte, transmission de connaissances ésotériques à un groupe d’individus), ils intervenaient lors des cultes (hommage aux ancêtres, assurer la fécondité des femmes, la fertilité des terres...), lors des funérailles...
Un « bel » objet devait surtout pouvoir guérir, protéger les individus et les communautés.
Le sculpteur devait donc respecter les formes traditionnelles, respecter la demande du commanditaire et celle du devin. Il ne signait pas ses œuvres, car dans les sociétés africaines, le collectif prime sur l’individu et l’important est son aptitude à respecter la tradition et sa prédisposition à laisser les esprits guider sa main.
C’est pourquoi, ce qui caractérise un chef d’œuvre d’Art Africain pour les collectionneurs et les conservateurs, c’est que l’objet est servi, qu’il puisse être répertorié, qu’il soit rare et en bon état.
Mais la définition de l’Art Africain ne devrait-elle pas plutôt regrouper tous les objets créés par les artistes africains ?
Et ce qui importe, n’est-ce pas la transmission des cultures par la reproduction d’un Art traditionnel qui associe les éléments d’une culture passée ou toujours vivante ?


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